I
R
M
I
N
E
R
E
M
U
E
NL - FR
Publications
"Deux hommes sont assis par terre. Leurs corps sont en partie entrelacés. Ce sont Jules César (Aus Greidanus jr.) et Brutus (Kristof van Boven). ... À gauche, sur le devant de la scène, se trouve une femme (Irmine Remue). Au cours de la représentation, elle fait des croquis des corps de César et de Brutus. Dans le texte de Verhelst, cette femme est désignée comme 'mère' ...

C'est la chorégraphie verbale et physique des deux figures qui constitue le coeur du spectacle. Or, la femme qui dessine, ouvre des possibilités d'associations. Représente-t-elle l'art qui se soumet au pouvoir? Ses esquisses sont-elles une perpétuation des poses du pouvoir, l'équivalent de la glorification des puissants par les peintres et les sculpteurs au fil des siècles? Nous pourrions penser aussi au dessinateur dans certains procès: capte-t-on ici le procès du dirigeant? Ou s'agit-il plutôt d'études anatomiques des muscles et des tendons du pouvoir? À l'entrée de la salle de théâtre à Haarlem (où j'ai vu le spectacle), on avait accroché les croquis que Remue avait faits à l'encre, à la craie et au crayon des corps entremêlés de César et de Brutus pendant les représentations précédentes. ... Les corps deviennent ici l'expression de la douleur. Ce ne sont plus les corps de ceux qui sont au pouvoir mais les corps tourmentés des victimes. ... Les croquis de Remue apparaissent comme des corps anonymes entrelacés, souffrants et agonisants."

Erwin Jans, "Anatomie van de macht. Over 'Julius Caesar' van Peter Verhelst", Ny (website en tijdschrift voor literatuur, kritiek & amusement), 18 Augustus 2010